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Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a dénoncé vendredi la "méthode détestable" et les "objectifs irréalistes" du président de la République française.
Jeudi soir, Nicolas Sarkozy n'a pas prononcé pour la première fois le mot quota. L'instauration de plafonds annuels d'immigration figure dans son projet présidentiel. La loi Sarkozy de 2006 sur "l'immigration choisie" prévoit déjà un rapport annuel du gouvernement au Parlement fixant le nombre de migrants autorisés à entrer en France, en fonction des besoins économiques.
Mais M. Sarkozy envisageait jusqu'à maintenant ces quotas sous la seule forme de plafonds par profession. Le 29 août dernier, il a demandé au ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, d'ouvrir un "débat pédagogique" sur cette question. Le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez avait alors précisé qu'il n'était pas question d'instaurer des quotas par origine géographique.
Jeudi soir, M. Sarkozy est donc allé plus loin. "Je souhaite que nous arrivions à établir, chaque année, après un débat au Parlement, un quota, avec un chiffre plafond d'étrangers que nous accueillerons sur notre territoire", a déclaré le chef de l'Etat. Il a évoqué "un quota par profession, par catégorie" et "par régions du monde". Objectif: porter la part de l'immigration de travail, de 7 pour cent actuellement, à la moitié de l'immigration légale.
Nicolas Sarkozy n'a pas précisé quand et dans quel cadre il comptait prendre ces mesures. "Il ne s'interdit pas de négocier des accords avec les pays", expliquait-on vendredi à l'Elysée. "On est au tout début de la réflexion", ajoutait-on de même source, en précisant que cette nouvelle politique de quotas ne serait "pas forcément" intégrée dans le projet loi Hortefeux durcissant les conditions du regroupement familial, adopté cette semaine en première lecture par les députés.
Les déclarations présidentielles ont en tout cas provoqué un tollé à gauche. "Nous n'avons même pas encore écrit la dernière loi sur le sujet qu'il faudrait déjà en préparer une autre?", a demandé François Hollande. "Ou cette politique a un sens, et à ce moment, qu'on en parle tout de suite (...) au Parlement, ou elle n'en a pas, (et) elle est simplement dans l'effet d'annonce pour essayer d'impressionner l'opinion."
Sur le fond, le député de la Corrèze a considéré que l'on pouvait "regarder" l'idée des quotas, mais a estimé que "fixer à la personne près les mouvements qui vont être autorisés n'a pas de sens".
Porte-parole du PS, Benoît Hamon dénonçait de son côté la "logique de saturation de l'espace public sur la question de l'immigration" de la part de Nicolas Sarkozy. "Il faut que le débat en la matière ne s'éteigne jamais et qu'il y ait en permanence une effervescence", a-t-il remarqué, en y voyant un symptôme de la "stratégie du bouc émissaire" du chef de l'Etat.
L'association France Terre d'Asile (FTA) remarquait pour sa part que les quotas "n'ont pas fait leurs preuves là où ils ont été expérimentés" car "ils ne sont jamais atteints dans les professions les plus qualifiées et toujours dépassés dans les professions ouvrières". FTA s'inquiète du risque d'instaurer des quotas ethniques sous couvert des quotas par région du monde.
Le sujet divise néanmoins à gauche. En 2005, le secrétaire national du PS chargé des questions de société, Malek Boutih, s'était prononcé pour l'instauration de quotas par pays en fonction des "besoins" et de "la capacité d'accueil" de la France. Son rapport avait été enterré à l'époque par le PS.
source: la presse canadienne
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